Un extrait de La Guerre tendre

La bête continue de s’allonger. Voici un bout de scène que je viens d’écrire, un brouillon. Ce n’est pas encore ni révisé, ni corrigé. alors indulgence, s’il vous plaît.

«Que va-t-il lui arriver?

— Trois mois de suspension sans solde. Ça lui permettra de réfléchir à ce que l’armée lui apporte.»

Cela paraissait un peu dur, mais Ce n’était pas le moment d’insister. Tout de même, elle n’oserait plus se montrer à Martin. Et si Alissa apprenait que, non contente de s’être tapée son mec, elle lui avait valu une suspension?

Stella ressentit une vibration dans le bas ventre. Cela commença tout doucement — tout à ses préoccupations, elle n’y prêta qu’à peine attention. Puis elle se souvint de l’ondal, toujours enfoncé en elle, adossé au point le plus sensible de son être.

La garce!

«que se passe-t-il, Stella?

— l’ondal…»

Craggs afficha un sourire amusé.

«Tu veux dire qu’Aki Rhys sait que tu es convoquée en discipline et elle a quand même actionné votre Ondal? »

Stella n’arrivait pas à articuler uneréponse. Une vague de plaisir venait d’envahir son ventre. C’était si embarrassant, devant le colonel.

«Oh ciel! C’est intense! Je ne vais pas pouvoir résister.

— Ne résiste surtout pas! C’est la première expérience qui va servir à évaluer toutes les autres. Autant te laisser aller à fond.»

Le pire n’était pas la stimulation. L’Ondal la chatouillait, et à un endroit où elle aurait eu bien du mal à se gratter. Elle se tortilla en poussant un cri aigu. Elle éclata de rire; la situation ne manquait pas de ridicule.

«Alors? C’est bon?»

Elle tenta bien de répondre, mais l’air sortit trop vite de sa bouche. Ce fut au tour du colonel de rire.

«À ce point-là?

— Ho! C’est bon!

— Meilleur qu’avec moi?»

Quelle question! Une machine pouvait-elle remplacer son colonel? Quoi que, en ce qui concernait la stimulation…

«C’est meilleur qu’Orion.

— Ma foi! Je vais être jaloux.»

Il releva sa jupe. Il chercha de la mains sa chatte dénudée. Ce n’était pas simple, parce que Stella ne pouvait s’empêcher de remuer. Il trouva finalement son clitoris et y déposa fermement deux doigts.

«Surtout, ne le laisse pas tomber. C’est tout ce qui compte.»

Quant il appuya sur le petit bouton de chair, ce fut comme si des écluses s’étaient ouvertes en elle. L’orgasme l’attrapa à la gorge, remplit ses yeux d’eau, pressa son cerveau, comme la première fois qu’elle s’était touché, il y avait bien longtemps. Et le spasme qui la secoua passa tout près d’expulser l’Ondal. Le colonel se remit à rire. Il savait très bien ce qu’il faisait, le bougre.

Était-ce tricher de tenir l’Ondal en place avec sa main? Bah! Rhys n’était pas là pour la voir. Elle sentit son humidité se répandre dans sa paume, glisser entre ses doigts. Sa main était trop glissante, elle ne suffirait pas. Et le colonel continuait à l’exciter! C’était trop intense, c’en était douloureux. Elle tenta d’écarter sa main, y parvint presque, mais il la saisit par la taille avec son autre bras et se pressa contre son corps convulsé. Elle tenta de le prévenir: ne voyait-il pas qu’elle était couverte de boue et de poussière? Ne voyait-il pas qu’elle était sur le point de perdre connaissance? Se jambes ne voulaient plus la porter; elle glissa vers le sol. Il se pencha pour l’accompagner, sans cesser ses caresses, jusqu’à ce quelle soit à genoux, les deux mains pressées sur son sexe qui irradiait le plaisir.

Pornographie vs érotisme

Au moment de taper les premiers mots de ma série Bio Super Élite, je n’avais pas très confiance en moi. Après tout, je m’exposais à un jugement. Le faire sous pseudonyme aide un peu, c’est vrai, mais la critique devient vite acerbe et très personnelle sur Internet. D’ailleurs, la critique est venue. Bonne ou mauvaise, parfois elle était nuancée, parfois non. C’est parfait. Il semble que, pour quelqu’un qui expose ses mots au public pour la première fois, je ne m’en suis pas trop mal tirée.

On a qualifié mon écriture de pornographique. Ça ne m’a pas choqué. J’ai transcrit mes fantasmes de manière directe, avec les mots que je connaissais, alors je crois que c’est normal. Il y a cette distinction entre l’érotisme et la pornographie, avec parfois le sous-entendu que le premier est bien et le deuxième est mal. Au début, ça me faisait très peur.

J’en ai parlé à mon éditeur. Est-ce que le vocabulaire est trop cru? Est-ce trop « graphique »? Est-ce que mes livres risquent d’être bannis de chez tous les marchands? Il m’a dit, en substance, de ne pas me préoccuper des genres. Il y a des gens qui aiment les mêmes choses que moi, d’autres qui trouveront cela repoussant et immoral. On n’écrit que pour les premiers. J’ai fait ce qu’il m’a dit, et c’est sorti comme c’est sorti.

J’ai gagné un peu en confiance, et j’ai arrêté de m’en faire. Les ventes, pas mauvaises, ont aidé beaucoup, mais surtout les commentaires très courtois et honnêtes que j’ai reçus. C’est très bizarre de voir son texte analysé, parfois en public, mais mon éditeur avait raison. Il y a des gens qui partagent un peu mon univers, et c’est pour eux que j’écris.

C’est en lisant une critique dernièrement que j’ai et j’ai fini par comprendre la réelle distinction entre érotisme et pornographie. Ça ne tient d’aucune manière au vocabulaire plus au moins grossier, plus ou moins direct, ou à la nature de ce qui est raconté.

L’érotisme est un art. Il exprime la vision de l’artiste, sa culture, une partie de son être. C’est la volonté de l’artiste qui lui donne sa forme.

La pornographie est un produit. Elle vise à combler un besoin, une stimulation sexuelle ponctuelle, et ne dit rien sur la personne qui la crée. Sa forme est définie avant tout par sa fonction.

Bien sûr, je vends des livres (plus que je le croyais possible). C’est donc un produit. Mais ce qui dicte la forme que prend ce produit, ce sont mes fantasmes, mes idées, ma vision du monde et (mais oui!) mes opinions. Pas les contraintes du marché ou les standards de l’industrie.

Ce qui fait que, paradoxalement, si j’en venais à adoucir mon vocabulaire, arrondir les descriptions, comme l’exigent les normes du milieu, je me rapprocherais de ce qu’est la pornographie.

Sexe et violence

Le site du Nouvel Observateur publie un article de Marie Godard sur la distribution de la littérature érotique que je voudrais partager avec vous.

En voici un extrait.

Vous cherchez un roman érotique dans une librairie généraliste? Vous pouvez toujours y aller! Soit il n’y en a aucun, soit ils sont cachés, tout près du sol, dans un rayon bien à l’abri des regards. Mais les romans violents, graphiques, qui font l’apologie de l’horreur? Pas de problème, ils sont en tête de gondole! La rentrée littéraire des romans érotiques? Mais vous voulez rire ou quoi?

Et tout cela m’irrite car il n’est pas si facile de décrire, en innovant, ce que nous faisons tous en privé, et de donner au lecteur l’envie de nous lire jusqu’à la dernière page. C’est une des littératures les plus difficiles car tout a été dit… Et pourtant, nous sommes nombreux à continuer d’y croire, à continuer d’espérer qu’un jour nos livres trouveront leur place dans la « belle littérature ».

Pour lire le texte complet, c’est par ici : Violence partout, pas de problème! Sexe? Cachez ce sein que je ne saurais voir!

Sexe, érotisme et monstres à tentacules

Le monde du livre n’a pas fini de m’étonner

L’érotisme fait vendre, comme l’a d’ailleurs constaté mon éditeur. Il reste cependant honteux. Certains, comme Amazon, semblent avoir du mal à concilier leur image publique (ce qui sous-entend de cacher cette littérature «sale») avec leur rôle de marchand.

http://theselfpublishingrevolution.blogspot.com/2013/09/amazon-at-it-again-blocking.html

L’érotisme est pourtant une des facettes fondamentales de l’expérience humaine. Sans érotisme, nous n’existerions tout simplement pas. La nourriture, le sexe et la mort sont les trois grandes préoccupations de l’être humain.

C’est ce qui fait que ces sujets sont aussi au centre de certains systèmes religieux, qui ont marqué notre culture et le feront encore longtemps, hélas.

Je savais que la littérature érotique était suspecte, que les commerçants la regardent avec ce malaise. Je savais aussi que certaines sont plus «sales» que d’autres. Ainsi, Amazon vise ici le pseudo inceste, un genre qui existe essentiellement afin de permettre à ceux qui mettent sur papier leur fantasmes incestueux de contourner la censure commerciale. Belle-mère avec beau fils (union certainement contre nature ;), jeune femme avec son beau-père, jeune homme avec sa demi-sœur… On contourne un tabou bien réel et très naturel selon moi. Les fantasmes, heureusement, ne le sont pas, mais je comprend l’embarras de certains. L’inceste existe, et on peut craindre une sorte de légitimation à travers la fiction.

Bien sûr, on n’applique jamais cette généralisation aux autres formes de littérature. On peut raconter guerre et meurtres sans le moindre soucis. Malgré tout, je comprend.
Ce que j’ignorais, c’était que le sexe avec des monstres l’était aussi.

C’est le genre dans lequel j’écris, donc ça me touche. Je ne suis probablement pas objective. Mais, à moins que je me trompes, c’est la seule littérature qui n’a aucune chance de se réaliser. Je veux dire, aucun monstre à tentacule ne va lire un de mes livres et se dire «Tiens, si j’allais violer un pilote cadette?» Je sais que certains ont des problèmes à distinguer la réalité de la fiction, mais à ce point?

En attendant, Amazon continue de vendre mon livre, contrairement à Apple, par exemple. Je vais néanmoins demeurer prudente. Il est normal, après tout, de conserver une certaine discrétion sur le contenu directement accessible à tous. Si vous lisez une description particulièrement sage d’un de mes livres, que ça ne vous empêche pas de télécharger au moins un extrait.

Et goûtez en toute liberté à mes histoires, parce que ce n’est pas dans la réalité que vous pourrez vivre ça…

  • Ils ont lu…

    S’il est vrai que le genre, incitant les auteurs à des exploits d’imaginations comme peu d’autres, se prête facilement à accueillir les fantasmes en général, Annie May en a trouvé un qui lui permet de propulser le lecteur, toujours près de perdre son souffle au milieu d’un tourbillon des plus sensuels, dans une suite de scènes qui ne laissent rien à désirer aux plus affamés.
    Ce quatrième épisode repart de plus belle. L’érotisme gagne en puissance et dans le même temps, on est bien recadrer dans le future et l’anticipation. Ce mélange de science-fiction et d’érotisme est un vrai bonheur. On frise le délire, c’est suave à souhait et le style est toujours aussi fluide (à l’image du corps de Stella). L’histoire est relancée, pas de lassitude et toujours l’impatience de découvrir la suite des mésaventures et aventures de la belle Stella. Un vrai bonheur de lecture, ce…
    La plume de l’auteure est telle qu’elle nous entraîne à chaque page dans un délice d’émotion et de fantasme qui nous laisse des soupirs rêveur. Il y a très peu d’auteurs de nouvelles érotiques qui arrivent à me combler, mais Annie May, elle a tout en sa faveur, l’écriture, l’imagination, tout. Je vous conseille vivement cette saga !
    Dès les premières pages, nous sommes plongés dans l’ambiance particulière de ce contexte. L’érotisme est un fil rouge puissant, sans concession, natif sans doute des fantasmes de l’auteure. le style est simple, limpide, jamais vulgaire sans toutefois faire de concession à la pudibonderie. J’avoue, c’est vraiment bien écrit, puissant, vibrant. L’érotisme reste très féminin, ce qui lui donne une dimension supplémentaire, faite de force mêlée à la douceur. C’est dans l’exhibition, au coeur de la ca…
    L’imagination débordante de l’auteur nous livre encore une fois un épisode brûlant, sensuel, suave, d’un érotisme puissant.
    Les scènes érotiques présentes ne peuvent que nous donner envie tant elles sont bien décrites. Ici, aucune vulgarité déplacée, et l’auteure a su toucher le point sensible de ses lecteurs pour leur donner le plaisir de lire.
    Annie May continue donc de me séduire avec sa plume et son style érotique particulier. Un genre mélangeant l’excitation du lecteur avec celui des personnages et la science-fiction. Je peux vous assurer que j’ai hâte de lire la suite de cette série qui ne me laisse pas de marbre, bien loin de là.
    Pour ce deuxième tome, je suis resté sous le charme de la plume d’Annie May et de son érotisme sans concession. L’histoire est toujours aussi séduisante, tant par son originalité, son audace et son style simple mais efficace. C’est de nouveau dans l’impatience que j’attends le troisième volet de cette suave saga.
    Il faut constater que l’assiduité et l’expérience croissante de l’auteure la rendent capable de conférer une telle intensité aux aventures scabreuses de sa protagoniste qu’il lui suffit de quelques mots savamment dosés pour hypnotiser ses lecteurs.