Extrait de SVP Docteur

Enfin, une bonne nouvelle concernant la sortie de SVP Docteur, le nouvel épisode des aventures de Stella au pays des tentacules. L’édition est terminée, reste la révision, ce qui est typiquement beaucoup plus court. On me chuchote à l’oreille que le livre devrait être offert en prévente cette semaine.

J’espère que la prévente se déroulera mieux que la dernière fois. Quoi qu’il en soit, je vous tiendrai au courant.

En attendant, voici un extrait. Comme je vous l’ai dit, il n’a pas encore été révisé, donc indulgence.

Stella sursauta.

« Une méthode expérimentale ?

— En effet.

— Mais je n’ai pas pu m’y préparer. »

L’injustice du procédé lui semblait évidente, trop pour avoir besoin d’être expliquée. Toutes les candidates connaissaient d’avance la nature de l’examen d’entrée. Et, à moins d’être complètement idiotes, elles s’entraînaient spécifiquement pour ces épreuves.

« D’une certaine manière, Stella, vous êtes la personne la mieux préparée pour ce nouveau test.

— Et en quoi ?

— Je ne veux pas trop vous en dire. Il faut que vous vous détendiez. Vous n’avez aucune appréhension à avoir. »

Qu’est-ce que c’était que ce nouveau traquenard ? Elle ne s’attendait certainement pas à une telle surprise de la part du docteur Leyland. Le colonel était-il au courant ?

« Vous savez que notre département de recherche est très actif. Nous améliorons sans cesse nos procédés. Un jour, le test que vous allez passer deviendra la norme pour toutes les candidates. Suivez-moi. »

Leyland sortit de la salle. Stella le suivit dans le couloir, sans plus penser à lui demander quelque chose pour cacher son corps. Il y avait là une civière munie d’entraves de toile épaisse.

« Couchez-vous là-dessus, s’il vous plaît. »

Stella hésita. Tout en cachant de ses bras et de ses mains sa poitrine opulente et son sexe glabre, elle guettait le couloir. Elle ne savait pas exactement si elle craignait d’être vue ou si elle espérait du secours.

« Vous allez m’attacher ?

— Ce n’est pas pour vous contraindre, Stella. Seulement pour vous éviter de tomber.

— Mais je ne vais pas tomber d’une civière…

— Je vous en prie, ne faites pas l’enfant. »

À contrecœur, Stella se hissa sur la civière et s’étendit sur le dos. Heureusement, le docteur ne l’attacha pas immédiatement, ce qui lui permit de cacher sa chatte avec ses mains alors qu’ils traversaient les couloirs. Sa peau entrait par endroits en contact avec la toile rugueuse, et elle s’imaginait déjà, liée, exposée, impuissante. L’air froid lui donnait la chair de poule et contractait l’extrémité de ses seins. C’était pire que l’examen du triage. Sous ses doigts, elle sentait des ruisseaux issus de son excitation.

Après un parcours qui lui sembla interminable, Stella fut finalement poussée dans la salle d’observation. C’était une vaste pièce sombre, dont tout un pan de mur était occupé par un miroir. Il y avait au fond un grand appareil, d’un noir brillant, qui ressemblait un peu à un petit réfrigérateur. Le docteur l’installa en face, les pieds dirigés vers la mystérieuse machine.

« Nous allons maintenant assujettir Stella à sa civière, pour sa propre sécurité. »

Les étudiants lui prirent les membres et commencèrent à l’attacher solidement. Anxieux, ils faisaient peut-être un peu de zèle, car Stella trouva les courroies très serrées. Alissa, comme à contrecœur, bouclait celles qui tenaient sa poitrine, au-dessus et en dessous des seins.

Elle entendit un bruit juste au-dessus d’elle, mais Alissa obstruait sa vue.

« Qu’est-ce que c’est ? »

Perplexe, Alissa mit un moment à comprendre à quoi elle faisait allusion. Elle s’écarta. Stella put alors voir un appareil menaçant suspendu au-dessus de sa poitrine. Il était brillant, couvert de chrome et bardé de pointes aiguës qui s’agitaient dans sa direction. Une sorte d’araignée de métal qui devait peser dans les quinze kilos.

« Ne vous inquiétez pas. Cet appareil est un peu sinistre, mais il sert tout simplement à enregistrer votre battement cardiaque, le rythme de votre respiration, votre pression artérielle et même vos réponses chimiques, grâce à ces petites antennes. Il n’y aura pas le moindre contact. »

À moitié rassurée, Stella tenta de se détendre un peu. Que pouvait bien fabriquer le colonel ?

« Tout au long de l’examen, nous pourrons enregistrer des données précises sur la physiologie de Stella. Rythme cardiaque, sudation, taux de certaines hormones, activité cérébrale, tension. Nous pourrons ensuite comparer ces données avec celles que nous avons recueillies sur de véritables pilotes à l’entraînement. Bientôt, toutes les candidates seront soumises à ce nouveau test, et vous pourrez dire que vous étiez là quand il a été utilisé la première fois. »

Un bruit métallique sourd se fit entendre, comme un coup donné dans un baril d’acier. Cela semblait venir de la sinistre boîte qu’elle avait aperçue en entrant. Que pouvait-elle bien contenir ? Son sexe ouvert était dirigé droit vers elle. Tout à coup, tout devint noir. Elle sentait sur son visage la pression d’un tissu velouté.

« Que se passe-t-il ?

— Je vous mets un bandeau sur les yeux. C’est pour vous éviter un stress supplémentaire. »

Elle entendit son cœur accélérer, ses battements répercutés par des « bips » qui résonnaient dans ses oreilles. L’araignée de métal avait commencé son travail.

Le docteur Leyland est gentil. Je peux avoir confiance. Le docteur Leyland est gentil…

« Je vous en prie, docteur ! Enlevez-moi ce bandeau.

— Un peu de courage, Stella. Il faut à tout prix éviter de fausser les données. »

« Si nous procédions, docteur ? dit Alissa. Stella ne semble pas très à l’aise.

— Nous attendons un invité important. Il ne devrait plus tarder. »

Stella entendit la porte s’ouvrir ainsi que les pas d’une personne qui approchait. Instinctivement, elle tourna la tête dans cette direction, mais le bandeau ne lui permettait même pas de voir une lisière de lumière.

« Mon colonel, nous serons prêts à procéder quand vous le voudrez. Je demanderais aux internes d’aller dans l’autre pièce. »

Dans le brouhaha des pas qui s’éloignaient, Stella chercha en vain un signe de la présence de colonel. Cela la damnait de savoir qu’il était là, juste à côté, et qu’elle ne pourrait pas même en tirer un sourire encourageant.

« Je dois admettre, docteur, que c’est assez différent de ce à quoi je m’attendais. Tout cela est-il bien nécessaire ?

— Nous avons réalisé de grands progrès dans nos recherches, et les applications pratiques sont plus nombreuses qu’on pourrait le croire. J’espère que votre présence permettra d’accélérer la mise en place de certaines innovations dans la séquence de tests. »

La voix de Leyland témoignait d’une excitation que Stella ne lui connaissait pas.

Trois coups sourds se firent entendre, semblables aux précédents. Stella n’osait pas demander d’où ils provenaient.

« Qu’est ce que c’est que ça ?

— Ce son provient de la grande boîte noire que vous voyez là-bas. Ne vous en approchez pas. Ne passez jamais à moins de cinq mètres de cette boîte. »

Le corps entier de Stella se révoltait. Son cou se tendait pour essayer de relever sa tête, ses mains voulaient arracher le voile de ses yeux.

— Enlevez-moi ce bandeau, je vous en supplie !

— C’est pour vous éviter un stress supplémentaire, Stella.

— Allons, dit le colonel, vous voyez bien que cette pauvre fille est terrorisée. »

Le tissu se détacha du visage de Stella. Un moment, l’appareil à pointes capta son attention. Puis elle tenta encore une fois de relever la tête, pour voir si la boîte s’était ouverte. Le mieux qu’elle pouvait faire était de surveiller, dans le miroir, le reflet de son corps blanc.

« Respirez profondément, Stella. Votre rythme cardiaque s’est emballé.

— Qu’est-ce qu’il y a dans cette boîte ? demanda-t-elle.

— Oui, reprit le colonel, qu’est-ce qu’il y a dans cette boîte ?

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